La divinité de Jésus-Christ – 14 – 1 Corinthiens 8:6


 Voici la quatorzième partie de l’étude sur la divinité de Jésus-Christ. Retrouvez ici le sommaire de la série

Dans 1 Corinthiens 8, Paul parle du fait que dans le monde il y a beaucoup de « dieux » et de « seigneurs » (dans un texte sur les idoles et la viande qui leur aurait été consacrée) et il ajoute une phrase qui peut sembler, par une lecture superficielle, apporter de l’eau au moulin de ceux qui disent que Jésus-Christ n’est pas Dieu. Il écrit : « néanmoins pour nous, il n’y a qu’un seul Dieu, le Père, de qui viennent toutes choses, et pour qui nous sommes, et un seul Seigneur, Jésus-Christ, par qui sont toutes choses et pour qui nous sommes » (8:6).

Voilà : il n’y a qu’un seul Dieu et c’est le Père, non Jésus-Christ. Le texte le dit clairement.

En est-on sûr ? Considérons : si ce texte dit qu’il n’y a qu’un seul Dieu, et c’est le Père, il dit aussi qu’il n’y a qu’un seul Seigneur, et c’est Jésus. On ne peut pas échapper à la conclusion que si Jésus n’est pas Dieu, le Père n’est pas Seigneur. La même logique s’applique dans les deux moitiés de la phrase, après tout. Ce texte, comme Jude 1:4, nous dit que seul Jésus-Christ est Seigneur.

Est-il imaginable de dire que Dieu le Père n’est pas Seigneur ? Dans Josué 3:13 il est appelé « le Seigneur de toute la terre ». Le Psaume 8 l’appelle « notre Seigneur » dans le premier et le dernier verset. Le Psaume 16 dit très clairement au verset 2 : « Je dis à l’Éternel [hébreu : Yahvé] : Tu es mon Seigneur. » Le nom « le Seigneur, l’Éternel » (Adonaï Yahvé) est utilisé tant de fois dans l’Ancien Testament (217 fois dans le seul livre d’Ezéchiel).

On pourrait multiplier presque à l’infini les références de l’Ancien Testament pour établir clairement que Dieu (le Père, Yahvé) est Seigneur. Cela ne peut faire aucun doute. Dire que nous avons un seul Seigneur et que c’est Jésus-Christ est une absurdité, à moins de reconnaître que le Seigneur Jésus-Christ est « Adonaï Yahvé » manifesté parmi nous.

En plus, si on utilise 1 Corinthiens 8:6 pour faire une distinction entre Dieu et Jésus, cela veut dire que nous avons un Dieu et un Seigneur qui ne sont pas le même ! Notre Dieu n’est pas notre maître. Impensable !

Que dire donc de ce verset ? Comment Paul peut-il dire qu’il n’y a qu’un seul Dieu, le Père, et qu’il n’y a qu’un seul Seigneur, Jésus-Christ ? Est-il possible qu’il soit en train de dire que Jésus n’est pas Dieu et que Dieu n’est pas Seigneur ? (Car on ne peut pas séparer les deux affirmations, si on veut comprendre le texte dans ce sens.)

Manifestement non, puisque Dieu est Seigneur. Mais Paul est juif, et les juifs utilisent très souvent une construction littéraire qu’on appelle le « parallélisme ». Nous retrouvons cette construction à maintes et maintes reprises dans la littérature hébraïque, car elle reflète bien la pensée juive. En français nous désapprouvons le pléonasme, mais en hébreu on l’utilise très régulièrement. « Un semeur sortit pour semer. » Évidemment. Nous ne le dirions pas comme cela, nous. Mais un juif le dirait sans problème. La langue hébraïque se répète très facilement, pour rendre la pensée plus claire.

Dans le parallélisme, on exprime l’idée deux (voire trois ou plus) fois de suite, avec le plus souvent des variations, pour qu’elle soit claire. C’est ce que Paul fait dans notre texte. Il exprime le monothéisme fondamental de la pensée judéo-chrétienne, deux fois, de façon différente. Une fois par rapport à Dieu le Père : « Il n’y a qu’un seul Dieu, et il ne peut pas y avoir d’autres. C’est notre Père. » Ensuite, il exprime ce même monothéisme fondamental par rapport à Jésus-Christ : « Il n’y a qu’un seul Seigneur, et il ne peut pas y avoir d’autres. C’est Jésus. »

Vu comme cela, loin d’être une affirmation de la différence entre Jésus est le Père, ce texte indique clairement par le fait de les mettre en parallèle que Jésus est au même rang que Dieu le Père.

Un choix s’impose donc face à ce verset. Soit Jésus n’est pas Dieu et Dieu le Père n’est pas Seigneur, soit Dieu est Seigneur et Jésus est Dieu. Ceux qui sont prêts à rejeter tous les passages qui montrent que Dieu est Seigneur (ainsi que tous ceux qui montrent que Jésus est Dieu, soit dit en passant) peuvent le voir comme cela. Mais comme Dieu est manifestement Seigneur, je préfère y voir un parallélisme hébraïque et donc une affirmation que Jésus est Dieu.

 

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La divinité de Jésus-Christ – 13 – Jean 14:9-11


 Voici la treizième partie de l’étude sur la divinité de Jésus-Christ. Retrouvez ici le sommaire de la série

La veille de la crucifixion, Jésus dit aux apôtres qu’il s’en va. Ils s’interrogent tout naturellement sur la chose, et l’un d’eux, Philippe, exprime pour eux tous leur plus grande aspiration : « Montre-nous le Père, et cela nos suffit » (Jean 14:8). Jésus est attristé par cette requête. Non que c’est faux de vouloir voir le Père ; il venait de dire lui-même qu’il était le seul chemin pour venir au Père (verset 6). Vouloir voir Dieu est l’aspiration la plus noble que l’homme puisse connaître, et c’est le désir profond de toute âme pieuse.

Celui dont le désir ultime n’est pas de voir Dieu lui-même et vivre dans sa présence ne peut pas prétendre avoir la même foi que les apôtres.

Non, Jésus n’est pas attristé par le désir en soi. Il est attristé parce qu’après trois ans Philippe n’a pas encore compris que ce désir est réalisé depuis longtemps. « Il y a si longtemps que je suis avec vous, et tu ne m’as pas connu, Philippe ! Celui qui m’a vu a vu le Père. Comment dis-tu : Montre-nous le Père ? Ne crois-tu pas que je suis dans le Père et que le Père est en moi ? Les Paroles que je vous dis ne viennent pas de moi-même ; le Père, qui demeure en moi, accomplit ses oeuvres. Croyez-moi, je suis dans le Père, et le Père est en moi. »

Les nécessités de la langue françaises cachent le parallélisme parfait de ce texte. « Je suis dans le Père et le Père est en moi » pourrait laisser croire que Jésus est dans le Père dans un sens et que le Père est en lui dans un autre sens. Mais le texte que Jean a écrit utilise la même construction dans les deux moitiés, tout au long de ce passage. Le Père demeure dans Jésus ; Jésus demeure dans le Père. Jésus est dans le Père ; le Père est dans Jésus.

Ce n’est pas ce texte qui va résoudre le mystère insoluble de la relation précise entre le Père et le Fils. Toutefois, il est incontestable ici que Jésus dit que Dieu le Père se manifeste au monde à travers lui : « Celui qui m’a vu a vu le père. » (La modification du texte qu’on trouve dans la Bible des Témoins de Jéhovah n’a pas le moindre fondement dans le texte original. Ils « traduisent » : « Celui qui m’a vu a vu [aussi] le Père », mais c’est un rajout entièrement gratuit comme l’indique le fait de placer ce mot étranger au texte entre crochets.) Jésus n’est pas un simple « reflet » de la gloire du Père ; ce texte va bien plus loin que cela.

Quand un croyant sincère exprime son désir profond de voir Dieu, Jésus lui répond : « Regarde-moi. » Au lieu d’être là surtout pour attirer nos regards vers le Père, Jésus les attire directement sur lui. On ne peut pas éviter d’en tirer la conclusion qui s’impose.

 

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La divinité de Jésus-Christ – 12 – Philippiens 2:10-11


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Paul a écrit un texte dans Philippiens 2 qui est assez connu des chrétiens, car il est très beau. Il avait déjà écrit dans le verset 6 que Jésus « existait en forme de Dieu », ce qui va assez loin comme indication de sa divinité. Mais en fait il va encore plus loin, sans qu’on s’en rende compte directement, dans les versets 10 et 11. C’est là qu’il écrit ces lignes célèbres : « …afin qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse dans les cieux, sur la terre et sous la terre, et que toute langue confesse que Jésus-Christ est Seigneur, à la gloire de Dieu le Père. »

Le texte de Philippiens 2 est très connu. Ce qui est moins connu, c’est qu’il s’agit d’un « emprunt » de l’Ancien Testament, d’Esaïe 45:22-23 : « Tournez-vous vers moi et soyez sauvés, vous, tous les confins de la terre ! Car je suis Dieu, et il n’y en a point d’autre. Je le jure par moi-même, de ma bouche sort ce qui est juste, une parole qui ne sera pas révoquée : Tout genou fléchira devant moi, Toute langue prêtera serment par moi. »

Dans ce passage, il est clairement question que les genoux fléchissent devant Dieu, le seul et unique. C’est de lui que toute langue va parler. Et c’est ce passage qui est adapté par Paul pour dire que tout genou fléchira devant Christ et que toute langue confessera qu’il est le Seigneur. D’ailleurs, comme le Nouveau Testament ne cite jamais le nom de Dieu, il est même permis de se demander si Paul ne veut pas dire ici : « …et que toute langue confesse que Jésus-Christ est Yahvé… » On ne peut pas l’affirmer, puisque le mot « Seigneur » dans le Nouveau Testament n’est pas toujours un substitut pour le Nom de Dieu. Mais vu le contexte du passage d’Esaïe que Paul cite, on est bien en droit de faire le rapprochement.

Et même si ce n’est pas le cas, la citation en elle-même fait le rapprochement. Paul applique à Jésus un texte qui dit que tout genou fléchira devant Dieu et que toute langue le confessera. De quel droit peut-il citer l’Ancien Testament de cette façon, si Jésus n’est pas Dieu ?

 

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La divinité de Jésus-Christ – 11 – Romains 10:13


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Il y a d’autres passages du Nouveau Testament qui citent des textes de l’Ancien Testament parlant clairement de Dieu, en les appliquant à Jésus-Christ. Dans Romains 10, Paul développe toute une démonstration de la suffisance de la foi en Christ pour le salut. Il dit dans le verset 9 : « Si tu confesses de ta bouche le Seigneur Jésus, et si tu crois dans ton coeur que Dieu l’a ressuscité d’entre les morts, tu seras sauvé. » Il poursuit son argumentation en développant le fait que ce principe est bon pour tout le monde, le Juif comme le Grec, en écrivant dans le verset 13 : « Car quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé. »

Vu comme cela, on ne voit pas trop ce que ce passage a à faire avec la divinité de Christ.

Il est important pour démontrer la suffisance de la foi seule pour le salut, mais ne semble pas toucher directement à nos considérations sur la personne de Christ.

Et pourtant si. Car ce verset 13 est une citation de l’Ancien Testament, du prophète Joël. La prophétie originale se trouve soit dans Joël 2:32, soit dans Joël 3:5, selon les versions. (Certaines versions divisent le deuxième chapitre en deux, ce qui fait que les versets qui constituent la fin du chapitre 2 dans certaines Bibles forment le chapitre 3 dans d’autres).

Ce qui compte n’est pas la numérotation, mais le texte, car ce texte est très clair dans le livre de Joël : « Alors quiconque invoquera le nom de l’Éternel sera délivré. » Le texte hébraïque dit clairement : « …quiconque invoquera le nom de Yahvé… »

La « Traduction du monde nouveau » le traduit ainsi même dans Romains : « Car «quiconque invoquera le nom de Jéhovah sera sauvé». » Il est vrai que le texte du Nouveau Testament n’utilise jamais le nom personnel de Dieu, le grec comportant très clairement le mot « Seigneur ». Mais le « Seigneur » dont il s’agit dans cette citation est effectivement Yahvé, le seul vrai Dieu.

Citer ce passage pour dire que celui qui confesse le nom de Jésus comme Seigneur sera sauvé est une indication claire que Jésus est Yahvé manifesté aux hommes.

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La divinité de Jésus-Christ – 10 – Hébreux 1:10-12


 Voici la dixième partie de l’étude sur la divinité de Jésus-Christ. Retrouvez ici le sommaire de la série

La citation suivante dans Hébreux 1 est peut-être encore plus embarrassante pour ceux qui ne veulent pas admettre que Jésus est Dieu manifesté aux hommes. Dans les versets 10 à 12, l’auteur cite le Psaume 102, versets 26 à 28. Il suffit de regarder la citation dans le contexte du Psaume pour voir qu’elle parle de Dieu. Si l’auteur de l’épître aux Hébreux l’applique à Jésus, c’est qu’il pense que Jésus est Dieu.

Ici, la chose semble avoir échappé à ceux qui ont essayé d’éliminer de la « traduction » des Témoins de Jéhovah les indications de la divinité de Jésus. Bien que ce ne soit pas cité dans Hébreux 1, le Psaume 102 utilise la même construction que le Psaume 45, en s’adressant à quelqu’un qui est appelé « mon Dieu » (dans le verset 25). La « Traduction du monde nouveau » a rendu ce texte correctement (il y a toujours le décalage d’un verset, ce qui n’a aucune importance en ce qui concerne le sens du texte), et la citation du Psaume 102 y paraît clairement (et correctement) comme une prière adressée à Dieu.

On ne peut donc éviter l’implication claire quand un tel texte est appliqué à Jésus. Soit l’épître aux hébreux est faux, soit Jésus est Dieu manifesté aux hommes.

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